Édition Nº7 du 26 juin 2012 Retour au sommaire

Prestataire ou client, comment choisir votre système de gestion de contenu ?

Prestataires, comment conseiller le CMS. le plus adapté à vos clients selon leurs besoins ?
Clients, comment choisir parmi les prestataires et les CMS. qu’ils vous proposent ?
Premier volet d’une petite liste explicative de critères de sélection.

Conducteur


Marie Alhomme

Arrêts prévus :

De nos jours, il est de plus en plus rare de voir des sites “statiques” dont le contenu est fixe et fini. Il est plus courant que les sites soient “dynamiques”, autrement dit que leur contenu (et parfois leur structure) évolue dans le temps.
Afin de gérer cet aspect “dynamique” ont été créés des Systèmes de Gestion de Contenu, généralement appelés “Content Management Systems” ou “CMS”.

La variété des CMS existants sur le marché reflète la variété des possibilités : blog, site vitrine ou même boutique en ligne.
Comme le montre cette page sur Wikipédia, qui n’est pourtant pas à jour, ils sont légion.

Mais dans cette abondance de choix, comment s’y retrouver ?
Que l’on soit prestataire ou client, la sélection du CMS le plus approprié n’est pas toujours facile, et à critères égaux se fera parfois pour des raisons différentes.

Des sites existent pour vous aider dans votre choix mais, sans compter qu’ils sont généralement en anglais, ils sont souvent soit pas très exhaustifs (ie. restreints aux 5 CMS les plus connus) soit presque trop (CMS Matrix).

Nous vous proposons donc aujourd’hui pour chacun des principaux critères à examiner, une explication rapide pour vous aider dans votre décision en tant que prestataire ou en tant que client.

Licence libre ou propriétaire

C’est le premier critère à examiner.
Déjà, éliminons une idée préconçue : une licence libre ne veut pas nécessairement dire qu’elle est gratuite.
La notion la plus importante dans cette décision est la propriété du code, autrement dit les autorisations qui sont faites (ou non), de réutiliser, modifier ou même revendre ledit code. La plupart des CMS les plus populaires aujourd’hui sont distribués en Open Source, et c’est probablement d’ailleurs la raison de leur succès renouvelé.
Les CMS propriétaires sont généralement des solutions répondant à une problématique très particulière, développées par une société dont c’est le fond de commerce et qui vend des services associés (installation, formation, maintenance, développements spécifiques, etc.).

Prestataire

Si vous êtes prestataire, une licence propriétaire implique que vous vous conformiez aux conditions d’exploitation prévue par cette licence et que vous ne pourrez probablement pas modifier le code pour l’adapter à vos exigences ou vos besoins.
Cela veut aussi dire que les fonctionnalités présentes, et leur évolution, seront dépendantes du bon vouloir du propriétaire de la licence.
Enfin, il n’est pas rare qu’il faille être “certifié” pour être autorisé à intervenir sur les produits soumis à la licence, et ces certifications sont souvent payantes.

La licence libre vous offrira une plus grande marge de manœuvre dans l’utilisation et la personnalisation du CMS, et dans la création d’extensions, ainsi que bien souvent l’accompagnement d’une communauté investie et expérimentée.

Client

Si vous choisissez d’acheter une solution propriétaire, vous bénéficierez généralement des services d’installation et de paramétrage associés, mais serez aussi en conséquence obligés de passer par lesdits services du propriétaire (ou intervenants tiers habilités) pour toute intervention ultérieure.
La notion de coût est relative, installer et entretenir un CMS Open Source vous demandera un budget aussi.
Mais le plus embêtant est que vous serez limités dans vos possibilités d’évolution, voire de migration si vous souhaitiez changer de CMS dans le futur : les mises à jour et ajouts sont dépendants de la volonté du propriétaire de la licence et il peut s’avérer complexe et chronophage (et donc coûteux), quand ce n’est pas simplement impossible, de déplacer vos contenus dans un nouvel outil.
L’investissement réalisé par les entreprises qui proposent des solutions propriétaires peut être très élevé, aboutissant à des produits parfois ultra-pointus, mais si elles abandonnent l’outil et qu’il n’est ainsi plus vendu ou entretenu, vous allez être coincé avec un bolide au garage le jour où une bougie brûlera et que personne ne pourra vous vendre de remplacement sans qu’il vous en coûte un bras…

Une licence libre, à l’inverse, cela veut notamment dire que n’importe quel prestataire intéressé par le CMS peut proposer des ajouts ou des évolutions, voire des correctifs, apportant un autre type de dynamisme à la vie du produit.
Les produits Open Source, quand ils deviennent populaires, peuvent être adossés à une communauté forte de plusieurs milliers de membres dans le monde entier.
Et quand il arrive qu’un produit en licence libre tombe en désuétude, il est parfois repris par cette même communauté qui l’a fait vivre ; sinon il est généralement assez facile de (faire) migrer votre contenu vers un autre produit.

Support

Cet aspect du choix concerne à la fois la facilité d’accès à de la documentation et de l’aide, les services disponibles (de manière gratuite ou payante) autour du CMS et l’existence de développeurs tiers produisant des extensions pour celui-ci.
Il est pour partie dépendant du critère suivant, la popularité.

Prestataire

Un CMS pour lequel vous trouverez aisément de la documentation et de l’aide sera généralement plus agréable pour vous à déployer et à maintenir au quotidien.

Quelques questions à se poser :

  • L’accès à ces ressources est-il simple, payant, en français ?
  • L’éditeur du CMS tient-il à disposition un service de support pour les prestataires et/ou le public ?
  • Existe-t-il des services liés à ce CMS, comme par exemple des hébergements spécialisés ?

Client

Selon que vous choisissez un CMS en licence libre ou non, l’accès au support se fera plus ou moins directement.

Dans le cas de la plupart des solutions propriétaires, le support est inclus dans le forfait (mensuel, annuel) d’utilisation contracté. Il est aussi possible que le prestataire habilité qui s’est occupé de l’installation du CMS soit aussi le seul autorisé à en faire l’entretien.
Il s’agira alors pour vous de vérifier exactement ce qu’il en est, puis de vérifier le niveau de ce support : une requête sur un moteur de recherche vous révèle-t-elle des opinions (favorables ou non d’ailleurs) sur ce sujet ? Si vous les contactez avec des questions, sont-ils ouverts et disponibles ?

En ce qui concerne les CMS en licence libre, soit vous signerez un contrat de maintenance avec votre prestataire qui sera alors votre unique interlocuteur pour vos problèmes et demandes d’évolution, soit vous préférez vous débrouiller seul et devrez trouver les réponses à vos questions auprès d’autres clients ou prestataires et services spécialisés. Dans les deux cas, la facilité d’accès à la documentation et à l’aide sera primordiale pour ne pas perdre de temps et donc de l’argent.

En résumé

Voici donc en un coup d’oeil les questions qu’il va falloir vous poser sur le sujet de la licence et du support :

  • Quel est le type de licence ?
  • Y’a-t-il un coût de licence ?
  • La licence permet-elle de modifier le produit ?
  • Le produit est-il extensible ?
  • Les modifications nécessitent-elle d’être certifié pour les faire ?
  • L’obtention d’une certification est-elle payante ?
  • Y’a-t-il une communauté active de développeurs pour le CMS ?
  • Y’a-t-il une communauté active de développeurs d’extensions ?
  • Le déploiement de la solution requiert-il l’intervention d’un tiers ?
  • Quel est le coût associé au déploiement et à la configuration du produit ?
  • Les mise à jour et installation d’extension requièrent-elles l’intervention d’un tiers ?
  • Quelles sont les conditions de migration ou d’abandons du produit ?
  • Quelles sont les offres de TMA (Tiers Maintenance Applicative) du produit ?
  • Le produit est-il documenté ? Fonctionnellement ? Techniquement ?
  • La documentation est-elle à jours ?
  • Quel sont les coûts de formation nécessaires pour prendre l’outil en main ?
  • L’éditeur du CMS dispose-t-il d’une offre de support utilisateur ?
  • L’accès au support utilisateur est-il payant ? Selon quelles modalités ?
  • Existe-t-il des offres d’hébergement spécialisées ?

Ce ne sont que les premiers critères de sélection d’un CMS que nous vous proposons d’étudier.

Dans l’article suivant, nous traitons de la popularité, de la facilité de gestion et d’utilisation, et de la modularité.

Prestataire ou client, comment choisir votre système de gestion de contenu ?

Note de cet article : 3 / 5

Pour pouvoir noter les articles, vous devez voyager avec un billet (c'est gratuit !).
Toutes les infos sur la page d'abonnement !
Déjà inscrit ? Connectez-vous.

Marie Alhomme est webdesigner et intégratrice indépendante depuis maintenant 10 ans en tant que PouipouiDesign. Elle s'implique dans de nombreux projets visant à promouvoir les bons usages et les technologies du Web, qu'il s'agisse de traduction sur pompage.net ou de l'organisation de W3Café ou de Sud Web.

Découvrir les autres articles de cet auteur

2 réactions à cet article (RSS)

Réagir à cet article

XHTML : Vous pouvez utiliser ces balises : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>