Édition Nº9 du 10 juillet 2012 Retour au sommaire

Prestataire ou client, comment choisir votre système de gestion de contenu ? – 3ème partie

Après la popularité, la facilité de gestion et la modularité, étudions ensemble les 3 derniers critères que nous vous proposons pour choisir votre CMS.

Configuration requise

Cette appellation, que l’on peut aussi retrouver sur la plupart des boîtes de logiciels, englobe tout ce qui concerne les caractéristiques techniques que devra posséder le serveur pour pouvoir y héberger le CMS choisi.

Prestataire

Langages de développement et de base de données utilisés, type de serveur web et applicatif requis, restrictions d’accès en shell ou pas, autant de critères qui ne peuvent être finalement que très personnels.
Chaque prestataire a ses préférences en fonction de ses compétences et de son expérience, tâchez seulement de vous assurer que vous maîtrisez les technologies nécessaires.

Client

C’est généralement un choix qui concernera le prestataire plus que vous directement et il est probable que vous ne compreniez pas tous les termes utilisés.
Ce qu’il faut retenir c’est qu’à moins que le CMS que vous choisissez requière une configuration vraiment peu courante, dans la plupart des cas cet aspect ne devrait pas être un frein dans votre décision.

Sécurité

Qu’elle soit impactée par l’architecture même du CMS ou par l’utilisation qu’on en fait, la sécurité est un critère important.
Même si le site à dynamiser est un « simple blog », et non par exemple une boutique qui gèrera les commandes et les données des acheteurs, s’assurer qu’il ne peut être compromis est essentiel.
Il pourrait par exemple alors servir de « base » pour diffuser du spam, rendant le site dangereux pour vos visiteurs et très peu performant dans les moteurs de recherche.

Prestataire

Granularité des privilèges, types d’authentification disponibles, notifications en cas d’erreurs, versionnage des modifications, encodage SSL… selon le type de site et la sensibilité des actions réalisées et des informations échangées, il vous faudra choisir à bon escient le niveau de sécurité nécessaire.
Si il n’est évidemment pas bon du tout de sous-protéger certains sites, il n’est bien entendu pas non plus recommandé de sur-protéger inutilement, au risque de compromettre inutilement leur performance.
Le plus important est de se tenir au courant des failles avérées des différents CMS et de leur pertinence (ou non) par rapport projet concerné.

Client

Les CMS les plus populaires sont souvent aussi les plus attaqués, quelle que soit leur licence.
Mais à l’inverse des CMS peu connus, leurs failles ont plus de chances d’être découvertes, et surtout d’être corrigées, et ce rapidement.
Pour simplifier : si votre site nécessite un CMS un peu spécifique et que vous n’avez le choix qu’entre des CMS en licence libre mais un peu obscurs et des CMS propriétaires mais connus, il vous faudra probablement choisir la deuxième solution.
Si à l’inverse votre site est suffisamment “simple” ou “classique” pour être compatible avec un CMS en licence libre qui soit populaire et connu, vous pouvez très probablement y aller l’esprit tranquille.
Dans tous les cas, le mieux est probablement de demander l’avis de votre futur prestataire. Si il vous dit que ce n’est pas important ou qu’il ne sait pas, fuyez. Un prestataire de qualité sera déjà au courant de ces problématiques et saura simplifier pour vous les concepts les plus importants du niveau de sécurité que votre projet requiert.

Performance

Un site qui se charge lentement n’est généralement pas très prospère. L’attention des visiteurs est sans cesse interpelée et donc d’autant plus raccourcie, et si le site met trop longtemps à s’afficher il y a peu de chances que la plupart d’entre eux restent jusqu’à la fin. Ils iront chercher l’information ou le produit ailleurs.
De plus, l’évolution rapide du nombre de visiteurs sur mobile (et donc souvent les réseaux (lents ?) qui vont avec) rend cette question de la performance de plus en plus essentielle.

Prestataire

Vous devez vous préoccuper de ce point, même si vous ne pourrez pas toujours tout contrôler et devrez parfois vous en remettre à l’expertise de l’hébergeur choisi (dans le cas des serveurs mutualisés, par exemple).
Quelques points à garder en tête : les capacités de gestion de cache, la possibilité de faire du load balancing, et même plus simplement : la pertinence, la propreté et la légèreté du code généré, la gestion des chargements de ressources tierces (frameworks, plugins, etc.)…

Client

Un peu comme pour la sécurité, la performance vous concerne même si vous n’avez pas un énorme site, et même si vous n’en comprenez pas tous les tenants et aboutissants.
Et comme pour presque tous les critères de cette liste, votre prestataire doit être capable de répondre clairement à vos questions sur le sujet.
Cela implique que vous soyez aussi prêt à l’écouter : si il vous déconseille certaines pratiques (par exemple accumuler les médias ou les interactions sur une même page), c’est plus certainement pour votre bien que parce qu’il a “la flemme” de vous en permettre l’exécution.

En résumé

  • Quelles sont les technologies nécessaires au fonctionnement du CMS ?
  • Maîtrisez-vous les technologies identifiées comme nécessaires ?
  • Les technologies nécessaires sont-elles répandues ?
  • Quel est le niveau de sécurité nécessaire à la typologie du site ?
  • Le CMS a-t-il beaucoup de failles connues et non corrigées ou est-il au contraire régulièrement mis à jour ?
  • Votre prestataire peut-il répondre de manière exhaustive à vos questions de sécurité ?
  • La gestion de la performance a-t-elle été prise en compte dans le développement du CMS ?

Conclusion

Le CMS « parfait » n’existe pas.
Au mieux, il s’approchera au plus près possible de vos besoins, mais il est aussi possible que l’outil idoine n’existe pas. Il faudra alors le faire développer, ce qui est une autre démarche que nous n’aborderons pas ici, même si elle est toute aussi pertinente.

C’est pour cela qu’il est essentiel, dès le début du projet de site Internet, de bien en définir les besoins et objectifs afin de pouvoir par la suite faire ses choix de la manière la plus éclairée.

Nous espérons que cette liste explicative vous aura aidé dans cette étape de choix, voire même qu’elle vous aura incité à réfléchir autrement pour vos prochains projets.
Et vous, avez-vous d’autres critères de sélection ?

Quelques ressources :

Prestataire ou client, comment choisir votre système de gestion de contenu ? – 3ème partie

Note de cet article : 3 / 5

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Marie Alhomme est webdesigner et intégratrice indépendante depuis maintenant 10 ans en tant que PouipouiDesign. Elle s'implique dans de nombreux projets visant à promouvoir les bons usages et les technologies du Web, qu'il s'agisse de traduction sur pompage.net ou de l'organisation de W3Café ou de Sud Web.

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Une réaction à cet article (RSS)

Boris Schapira

#1

Il y a quelques mois je donnais des cours de .NET dans une école, et j’ai demandé aux étudiants de noter ce qui était important pour eux dans un CMS. Il leur a fallu 8 heures pour finir d’épuiser toutes leurs idées, les pondérer, les ranger et les présenter en matrice. Ultérieurement, ça leur a permis de passer au crible 4 CMS .NET que je leur présentais mais avant cela, aucun d’entre eux ne se rendait compte du travail que représente la réalisation d’une telle matrice d’évaluation.

Alors merci Marie, car tes 3 articles sont intéressant mais surtout, ils vont faire gagner du temps à un paquet de monde.

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